Bien que je fasse partie des quelques chanceux qui auront le privilège d’aller l’applaudir dans quelques mois, je n’ai pas résisté hier soir à regarder l’intégralité du show. De toute façon, j’aurais été spoilé tôt ou tard… alors autant que je me fasse spoiler moi-même !
Je m’attendais à une mise en scène à la fois élégante, ambitieuse et peut-être même un peu spectaculaire. Et c’est finalement sur ce terrain-là que je suis resté quelque peu sur ma faim.
Son arrivée, en revanche, était bouleversante. Et comment aurait-il pu en être autrement ? À ceux qui trouvent qu’elle « en fait des caisses », je répondrai simplement que, pour une fois, les caisses étaient parfaitement à leur place. Elle a parlé de sa maladie avec beaucoup de justesse, et a au passage adressé un joli revers de main à tous les haters qui pullulent sur les réseaux sociaux. Une majorité de « faceboomeurs », naturellement… Quelle surprise !
Et je crois surtout que tout cela lui passe largement au-dessus de la tête. Elle ne les entend probablement même pas. Et finalement, tant mieux.
La voix, elle, est différente. Les tonalités sont plus graves, certaines chansons ont été réadaptées… mais cela fonctionne. On sent qu’elle a énormément travaillé pour être là, pour aller au bout de ce qu’elle peut encore donner et, surtout, pour offrir quelque chose au plus grand nombre. La voix est parfois frêle, oui. Elle monte encore, évidemment, mais c’est surtout en puissance qu’elle a perdu. Et c’est précisément là que le travail de réorchestration et de réadaptation de ses tubes prend tout son sens : il fallait retrouver la magie autrement.
Ce ne sont évidemment plus les mêmes shows qu’autrefois. Et il fallait s’y attendre. Nous sommes davantage dans le récital que dans le grand concert à la Céline d’avant.
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Et puis, lorsqu’on connaît sa voix depuis suffisamment longtemps, il y a certaines choses que l’on finit par entendre… ou par reconnaître. Disons simplement que l’oreille du fan averti n’est pas tout à fait celle du spectateur qui la découvre. Je n’irai pas plus loin sur ce sujet, car nous savons tous à quel point il peut rapidement devenir source de débats sans fin. Et ce n’est vraiment pas le but de mon propos.
J’ai également été assez surpris de constater qu’elle s’exprimait presque exclusivement en français. Pas désagréablement, bien au contraire ! Mais je pensais qu’un spectacle destiné à des fans venus du monde entier ferait davantage la part belle à un équilibre entre le français et l’anglais. Comme quoi, même après toutes ces années, elle sait encore nous surprendre.
Concernant la setlist, je la trouve plutôt correcte, même si certains choix de placement m’ont laissé perplexe.
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Et je dois bien avouer que je n’ai pas davantage compris l’absence de « Bonjour, pardon, merci ». Ne serait-ce que pour le sens même des mots, elle aurait pu constituer une jolie ouverture. Pourtant, Dieu sait que je n’aime pas cette chanson et que je lui préfère largement « Dansons » (contrairement à Spé !
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Et justement, « Dansons » en live… disons que ce n’était pas, à mes oreilles, la plus grande réussite de la soirée. C’est aussi dans ce genre de moments que je regrette l’utilisation de l’Auto-Tune pour les versions studio : ça fausse les véritables capacités d'un artiste.
Mais le véritable bémol, pour moi, reste la mise en scène. J’ai trouvé l’ensemble assez froid. Froid, terne, parfois même franchement triste. Le décor, les lumières, les costumes (à une exception près) et même la coiffure participent de cette impression. Et c’est peut-être cela qui m’a le plus surpris.
Ces dernières semaines, en voyant les images de Céline devant son hôtel, souriante, chaleureuse, lumineuse, allant même jusqu’à détacher ses cheveux, je m’étais presque convaincu que nous étions enfin entrés dans une nouvelle ère. Une ère plus légère, plus solaire, moins grave. Une Céline qui revient, certes, mais avec davantage de joie et de liberté.
Et puis… non.
Oui, c’était classe. Oui, c’était digne. C’était évidemment très symbolique, notamment lorsqu’elle apparaît en séparant ce décor massif, presque austère, en deux. L’image était forte. Mais précisément : après cette entrée, j’aurais aimé que le spectacle respire davantage.
J’aurais aimé de la couleur, de la chaleur, de la fantaisie, des univers qui se succèdent, des vidéos qui viennent créer de véritables tableaux entre les chansons, quelque chose qui nous fasse voyager et qui apporte cette petite étincelle de légèreté. Or, cette froideur demeure. Beaucoup de gris, beaucoup de sobriété… et finalement assez peu de lumière colorées.
Même les costumes, pourtant signés dans une sélection pensée par Annie Horth, dont j’admire profondément le travail autour de Céline dans les années 90 et 2000, m’ont laissé un peu sur ma faim.
Alors oui, il y a quelques réserves. Et oui, j’aurais aimé être davantage emporté par le spectacle en lui-même, mais je ne vais certainement pas bouder mon plaisir. Parce qu’au-delà des décors, des costumes, de la setlist ou de mes petites exigences de fan un peu obsessionnel, il reste l’essentiel : Céline est là. Et après tout ce que nous avons traversé avec elle, rien que cela est déjà immense. Alors vivement 2027 !
Je croise les doigts pour que, d’ici là, quelques petites choses évoluent. Parce que nous le savons : dans ses résidences, Céline aime faire vivre son spectacle, modifier certains arrangements, déplacer quelques chansons, en ajouter parfois… Alors qui sait ? Peut-être que lorsque je serai dans la salle, dans quelques mois, je découvrirai une Céline un peu plus colorée, un peu plus légère, un peu plus libre. Et, surtout, une Céline que je pourrai applaudir en vrai.